Qu’est-ce que la température ressentie ?

Qu’est-ce que la température ressentie ?
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Lors de mon cursus universitaire à la faculté de lettres modernes Franck Ribery où j’obtins haut la main ma licence « élite pro », j’ai longuement étudié la question du ressenti après un tacle assassin prodigué sur ma personne par Abdel-Krim Benmabrouk, défenseur central du standard de Sussargues*.
Le ressenti, naïvement, je pensais que le sujet était suranné ?
Après ce que je viens d’entendre à la télé à une heure de grande écoute, je crois que j’ai besoin de revoir mes basiques. Pas au niveau du ressenti émotionnel, non, trop complexe pour un cerveau à basse tension de mon espèce.
Plutôt tranquillement réviser mes fondamentaux sur le ressenti des corps dépourvus d’esprit.
De même que nous ne percevons pas tous la douleur, la fatigue, la faim, avec la même intensité, nous ne sommes pas tous sensibles aux variations climatiques de manière similaire.

Vu de ce pays, où Françoise Doltot engendra l’auteur de Papayoulélé, on croyait que plus rien ne pouvait nous étonner. On avait tort… De surcroît, ici, dans le midi, où les mots transforment les anchois en baleines, nous recevons avec une infinie précaution toute nouvelle expression. En métropole, quand le mercure du thermomètre monte en flèche, la nouvelle mode chez les présentateurs météo est  « la température ressentie », une phrase qui est entrée directement dans le top Ten des phrases les plus connes du PAF !** Hasard ou coïncidence, quand je jouais en pupille, mon coach de philo, Michel Pichon, m’avait enseigné le dogme du scepticisme en faisant un parallèle avec la température ressentie. Sa démonstration fut la suivante : -Un gras-double qui déplace des meubles chez lui par trente degrés, sue comme un porc, alors que cent mètres plus loin, la petite planche à pain filiforme qui lit le dernier Delphine Vigan à l’ombre d’un noyer après deux heures de double péné entre Abdou et Momo, trouve le fond de l’air presque frais ! Tu piges le truc pitchoune ? Pas la même activité, pas le même gabarit, j’en passe et des pas mûres…

Quand il fait chaud, il fait chaud différemment pour tout le monde ! Admets que c’est complètement irrationnel de vouloir définir une température globale pour tout le monde. Y a trop de facteurs à la con qui rentrent en jeu.
C’est pour ça que ces tarlouzes de Grecs en toges ont créé le dogme du scepticisme !
C’est pas parce que tu aimes la banane et l’aubergine que je dois forcement être de la jaquette !
Il n’y a pas une seule et unique vérité. C’est comme demander à deux inconnus d’avoir exactement la même bite ! Ça n’existe pas ! Le scepticisme, c’est douter de tout, tout le temps !
T’as capté le truc pitchoune ?
En y repensant, je me dis que j’ai eu de la chance d’avoir cet esprit clairvoyant que l’on surnommait affectueusement Mitchou Pitchou comme coach de philo ! Dommage qu’il nous ait quittés trop tôt de façon tragique. Un chauffard à percuté Mitchou de plein fouet à quarante kilomètres heure alors qu’il traversait sereinement sa rue sur un passage clouté…putain d’trottinette électrique !
La température ressentie, dont les médias nous rabâchent les oreilles n’est donc qu’une vaste escroquerie de plus à leur palmarès donnée en pâture aux yeux de crétins crédules.

Vu de ce pays, où le commentateur sportif Thierry Roland déclara pendant un match de foot en direct devant des millions de téléspectateurs « Fauché comme un lapin en plein vol », on croyait que plus rien ne pouvait nous étonner. On avait tort…
La météo devient le sujet le plus discuté des humains dès lors que ces stupides mammifères maîtrisèrent le feu. Cela serait lié au fait que les aléas du climat constituaient notre principale préoccupation depuis le paléolithique. Avoir le séant au sec était vital à l’époque !
Avec l’évolution, se caler les miches au fond de la grotte bien au chaud l’hiver et au frais l’été est devenu plus qu’une question de survie, un but dans nos vies !

Voilà pourquoi malgré l’évidence que cette théorie de la température ressentie n’est qu’une vaste fumisterie, rares sont les coins de rue dépourvus de conneaux qui s’égosillent  à son sujet.
Maintenant que nous avons revu nos fondamentaux, concentrons-nous sur l’origine du mal, la source de venin intarissable qui transforme nos petits vieux sous abris bus en baromètre ambulant !
Je veux parler bien sûr des présentateurs du bulletin métrologique.
Avant, nos chères têtes blanches avaient froid l’hiver et chaud l’été, avec le dérèglement climatique une fois sur deux, on tombe sur des détraqués la bave aux lèvres qui hurlent « y plus d’saison, y plus d’saison !»

Mais le drame ne s’arrête pas là ! On nargue, on provoque, on humilie nos pauvres anciens, je m’explique :

Vu de ce pays, où Nabila Benattia a publié un livre, on croyait que plus rien ne pouvait nous étonner. On avait tort…

Je mettais déjà fendu, à contrecœur, d’un billet sur ces gens simples d’esprit qui disent « belle journée » à la place de « bonne journée ». Et ne voilà-t-il pas que Tatiana Sylva me lâche une « belle journée » à mes petits vieux du 20h00 de TF1 le lundi 24 juin 2019, trois jours avant la canicule ! C’est un canular ou quoi ?

Tatiana Sylva est l’incarnation qu’aujourd’hui encore, ceux qui s’expriment sur nos préoccupations les plus primitives sont de fieffés incompétents doublés de pathétiques imbéciles patentés ! De nos jours où plus que patte blanche, il faut montrer un cul de none vierge aseptisé à l’eau de javel, je ne voudrais pas passer pour un de ces « haters » du web.

Soyons clair, je n’ai rien de particulier contre cette brave madame Sylva !

Simplement la bougresse a dit « belle journée » après avoir parlé de « température ressentie » ce qui déclencha ma fureur.

Le poids des années me courbant l’échine, j’ai peur que si mon climatiseur claque, je ne suive le mouvement…alors, son belle journée…vous savez où elle peut se le mettre !

Malheureusement, la pauvre gourde n’est pas seule à prêcher dans un désert, ils sont légion à se répandre sur nos écrans dans tous les domaines avec leur jargon absurde ! Politique, culture, journalisme.

C’est un concours de médiocrité dans lequel tout le monde a une chance de finir premier.
Alors,que peut-on souhaiter à ces esprits chez qui l’irrationnel l’emporte sur la raison ? :
Sûrement d’aller tous se faire socratiser avec un mister freeze ?

Belle canicule à tous , Mahmoud Quardachiant pour histoire d’un trou de mémoire.

*Le standard de Sussargues est l’équipe de foot d’un pittoresque village méridional de suceurs de bites, rival et ennemi juré dans les derbys du célèbre C.R.S, le Castries Racing Sport, club de cœur de l’auteur qui porta haut ses couleurs durant de nombreuses années, dont le slogan est : « Le C.R.S un club qui matraque, un club qui m’attrape ! »
** Paysage audiovisuel français.

 

 

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