@Nina34 #Metoofoot

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Temps de lecture : 11 minutes

 

 

Tous les cœurs commencent à battre dans le ventre des femmes.

Celui de Nina va imploser. Des torrents de larmes devraient transformer son rimmel en cascades de noirceurs, mais ses yeux restent désespérément secs. C’est à peine si ses jambes chancellent.

Beaucoup de ruptures amoureuses se concluent par une dispute.

Nina ne déroge pas à cette règle. Pourtant, trois jours à peine après leur séparation, elle n’espérait qu’une chose : reformer son couple avec Erwan. Elle voulait tourner le page, lui laissait sa porte ouverte. Lors d’une rupture les gens se réduisent entre ces deux possibilités.

Seulement, l’abrupt SMS qu’elle vient de recevoir annihile toutes ses velléités de réconciliation.

Son univers s’écroule autour d’elle. Elle se retrouve en état de sidération au sein d’une foule de Montpelliérains en liesse qui chante : « Champion du monde ! Champion du monde ! Champion ! Champion ! Champion ! Champion du monde ! » La clameur et les klaxons lui confisquent le silence dont elle a besoin.

La place de l’œuf est pleine à craquer jusqu’au sommet de la fontaine des trois Grâces. Un océan de drapeaux français se dresse devant elle. Les fumigènes rouges rajoutent une touche sulfureuse à l’ambiance survolté qui y règne. Cette félicité généralisée ne lui convient pas. Pire, cela la rend mal à l’aise. Elle va mettre une heure pour rallier l’autre côté du parvis de la Comédie.

Depuis son plus jeune âge, Nina nourrit une certaine défiance à l’égard des grands rassemblements.

Elle cultive l’art du décalage en s’exerçant à penser à contre-courant. À cet instant précis, son concept lui revient en pleine figure comme un boomerang.

Comment aurait-elle réagi seule au milieu de nulle part, plutôt que seule au milieu de tous ?

Avec Erwan, ils projetaient de quitter cette ville à la démographie galopante pour se retirer vivre en Lozère. En songeant à cela, Nina réalise qu’elle est toujours amoureuse de lui.

Pour s’occuper l’esprit, elle tente d’analyser avec un peu de sagacité l’événement qui l’entoure.

Elle a suivi pendant cinq ans un cursus de sociologie à Paul Valery avant de devenir infographiste. Qu’il lui serve au moins à cela.

Un millionnaire en culotte courte pousse derrière une ligne un ballon fabriquée au Pakistan et la France bascule dans l’hystérie.

Le triomphe du culte du corps sur l’esprit. Du pain et des jeux à l’heure de la société du spectacle. Des lois antiques régissent toujours nos comportements collectifs.

Pendant plus de quatre-vingt-dix minutes, ils ont débranché leurs cerveaux pour vivre pleinement l’instant présent.

Nina se souvient d’un article qu’elle a lu sur une étude comportementale des supporters de foot.

Au département des sciences cognitives du M.I.T, le professeur Rebecca Saxe a démontré grâce à l’imagerie cérébrale qu’un individu qui supporte son équipe voit son activité au niveau de la zone du cortex préfrontal médian chuter. La partie du cerveau qui oriente notre libre arbitre.

L’intérêt personnel s’estompe au profit de l’endogroupe auquel on a choisi d’appartenir.

Les émotions procurées par le match, le bonheur dû à la victoire, renforcent la croyance des supporters dans la cause de leur équipe.

Ici l’on veut croire à l’image d’une France multiraciale soudée qui gagne. Ils semblent oublier que quatre ans après la victoire « black-blanc-beur » de 98, le front national accédait pour la première fois de son histoire au second tour des présidentielles.

Quand sera-t-il demain ?

Après les manifestations de Charlie Hebdo, les Français avaient soif de se retrouver dans l’agresse.

Malheureusement, la mentalité de groupe nivelle l’intelligence par le bas, abaisse le savant au niveau de l’idiot.

Lorsque les gens se regroupent autour d’une identité commune, ils sont plus enclins à faire preuve d’agressivité à l’encontre de ceux qui n’y adhèrent pas.

À ce stade de sa réflexion, elle croise un passant qui lui lance : « Holala, la tronche ! T’es Croate ou quoi ?»

Voilà pourquoi Nina n’aime pas la foule. La foule est versatile, impérieuse, ne connaît ni le doute ni l’incertitude, ne prémédite rien et va systématiquement aux extrêmes. De l’anonymat qu’elle procure découle une impression d’impunité. Sous son influence, des personnes adoptent des attitudes qui vont à l’encontre de leurs convictions.

Alors cette faune de footeux euphoriques, très peu pour elle !

L’alcool, la chaleur, les corps dénudés ajoutés au fort sentiment de revendication patriotique qui plane dans l’atmosphère ne lui inspirent rien de bon.

Plus la nuit va avancer, plus l’ambiance sera tendue envers les jeunes femmes esseulées dans les rues.

L’été la population de l’Hérault quadruple. Montpellier a depuis longtemps la réputation de compter dans ses rangs parmi les plus jolies femmes de France. Le revers de la médaille est qu’en période estivale tous les détraqués sexuels de l’hexagone investissent ses venelles.

Au moment où elle décide de rentrer chez elle, Nina réalise qu’elle a perdu la notion du temps. La nuit est tombée. Cela doit bien faire deux heures qu’elle est statufiée à l’angle de la rue Maguelone.

Éperdue, elle entame sa traversée solitaire de la marée humaine.

À peine dix mètres plus loin, un inconnu la saisit par les hanches pour la ramener vers lui en lui caressant les fesses. Le type est grand, gras, poilu en short, il pue la sueur et la bière avec une peluche de poulet tricolore sur la tête. Elle sent son haleine pâteuse fouetter sa figure quand il se penche pour l’embrasser en beuglant ; « On a gagné ! »

D’un mouvement vif, elle se dégage de l’étreinte et le gifle.

Elle profite de la stupéfaction du gars pour se volatiliser dans la populace. Par trois fois en passant sur la place, elle subira des attouchements.

Nina est une jolie femme. Le temps ne trouve pas de prise son visage lisse. À trente ans, elle en paraît dix de moins. Petite, menue, elle possède un regard rieur où l’on aime se perdre à naviguer entre le vert et le bleu. . Elle a les cheveux coupés au carré qu’elle teint au gré de ses humeurs. Cette semaine, c’est rouge.

En chemin, elle décide d’aller devant l’immeuble d’Erwan dans le quartier des Aubes, pour se forcer à pleurer, pour se sentir de nouveau humaine.

En pénétrant sous le pont de la voie ferrée, elle aperçoit à l’autre extrémité les silhouettes de quatre hommes en maillots bleus qui portent des masques à l’effigie d’Antoine Griezmann.

En la voyant, ils arrêtent de parler un instant, puis le plus grand dit : – « Tu disais quoi des filles qui n’aiment pas le foot et qui sortent seules le soir où l’on gagne la coupe du monde ? » Un autre qui la braque du regard répond:- « Que c’est des filles du peuple qui aiment la joie. Des filles de joie en quelque sorte. »

L’adrénaline met les sens de Nina en ébullition. Son rythme cardiaque s’accélère. Elle force le pas rasant le mur les yeux baissés.

Un des primates émet un bruit de sussions quand elle est à sa hauteur et lui dit : « Eh pssst, ça te dit pas de fêter la victoire avec nous ? On pourrait se faire du bien tous ensemble! »

Va te faire foutre ! Hurle-t-elle de peur.

Le plus petit, un trapu, crie : « Ho pour qui tu te prends espèce de salope ! » Elle fuit, laissant ses tongs sur place. Les individus la prennent en chasse en rigolant. Leurs rires l’humilie, ils la considèrent comme un jouet. S’ils la chopent, ils en feront un sexe-toy, c’est sûr.

Elle parvient à les semer de justesse. Réfugiée à l’intérieur du hall d’entrée d’Erwan, elle jette un œil furtif par la lucarne de la porte. Elle constate avec soulagement que ses poursuivants ont perdu sa trace. Ils braillent des insultes en continuant leur traque.

Nina n’a plus le choix, il faut qu’elle passe la nuit chez son ex-fiancé.

Apeurée, elle s’effondre à terre, les jambes tremblantes, les coudes sur les genoux, la tête entre les mains. Elle fume une cigarette pour évacuer son stress. Elle n’a pas le temps de s’appesantir sur son sort que son passé la rattrape. Remonte dans sa mémoire sa rencontre avec Erwan.

Il était seul assis sur un tabouret, accoudé au comptoir d’une boîte. Elle vient à ses côtés pour passer sa commande.

Il la dévisagea en souriant et dit : « Excusez-moi mademoiselle, mais cette serveuse est vraiment très mal maquillée, ou j’ai l’honneur d’être servi par Marilyn Manson en personne ? » elle rit et répondit : « Non, je crois que la pauvre a une vraie tronche d’antidote au Viagra ! Mais elle est super sympa »

Il lui offrit un verre, ils accrochèrent immediatement et ne se quittèrent plus. Ce soir-là, l’ascenseur était en panne. Elle avait un peu fait la gueule quand il avoua loger au septième, mais lorsque il susurra au creux de son oreille qu’il l’amenait au septième ciel, elle pouffa de rire.

Ce soir aussi l’engin est hors-service.

Elle monte l’escalier lentement. L’angoisse de ce qui l’attend sur place se fait plus pesante à chaque marche.

Arrivée sur son palier, elle constate que la porte d’entrée est fracturée.

À l’intérieur, la grande table du salon a été poussée contre le mur pour laisser passer le brancard. Dessus gît une note des pompiers qui résume succinctement l’intervention.

Son travelling avant s’achève sur le seuil de la chambre à coucher. L’endroit semble chargé de la scène d’agonie qui s’y est déroulée.

Le sol est jonché de mouchoirs en papier, roulés en boule, tachés de sang en compagnie du cadavre d’une bouteille de Jack’Daniel’s. À hauteur de la table de chevet se trouve un baquet rempli de bile et de glaires sanguinolentes. Sur l’oreiller, l’emplacement de la tête d’Erwan est encore dessiné.

Depuis l’annonce du décès, Nina refoule les vagues d’émotions successives qui la submergent.

Si elle craque maintenant, c’est un véritable tsunami qui va la ravager.

Les personnes qui subissent un état de choc des suites de la perte d’un proche adoptent souvent un comportement irrationnel.

Nina décide de prendre une douche pour enlever les souillures des palpations subies.

L’épreuve du retour dans le chaos de la cohue la traumatise plus que sa carapace ne veut bien l’admettre.

Sans raison particulière, elle se met à nettoyer de fond en comble l’appartement.

Peut-être cherche-t-elle inconsciemment à effacer toutes traces de leur liaison ? Peut-être a-t-elle besoin de mettre de l’ordre de sa tête ?

En faisant le ménage, Nina trouve une lettre chiffonnée au fond de la corbeille à papier.

Elle la défroisse et entame sa lecture :

Mon amour,

je ne sais pas si tu as eu le malheur de rêver toutes les nuits de l’être aimé et de te réveiller chaque matin dans le silence qu’il t’a laissé. C’est horrible…

Un fil invisible relie nos abdomens, ce que je ressens, tu le ressens.

Tu l’as dit toi-même, on est fou l’un de l’autre, on ne peut pas se passer de vivre ensemble !

L’amour passionnel est toxique, car il est plus puissant que tout. Il a le pouvoir de soustraire ce qu’il veut à qui croise sa route. Amis, famille, argent, vie sociale, il exclut ceux qui vont à l’encontre de sa volonté. Son souvenir est si fort, qu’on le dit immortel.

Tu ne réponds plus à mes appels, à mes textos. Avant de claquer la porte tu as crié : « je vais me taper le premier connard venu ce soir, ça sera bien fait pour ta gueule ! » ça me rend fou. Je ne dors plus, je ne vis plus depuis que tu as disparue.

Pourquoi veux-tu me faire cela ? À fin de me punir de ma jalousie excessive ? Ne vois-tu pas dans cette attitude possessive une preuve supplémentaire de mon amour ?

L’étymologie du mot « passion » définit ce que j’endure quand tu es loin de moi. Jusqu’à la moitié du dixième siècle, il signifiait : supplice subi par un martyr.

Ce perfide petit jeu de nous quitter tous les deux mois pour se prouver que l’on tient l’un à l’autre épuise mon système nerveux.

J’espère de tout mon cœur que les choses vont s’apaiser entre nous, car je ne pourrai jamais m’empêcher de t’aimer.

Quand tu franchiras de nouveau cette porte, je te proposerai de vivre ensemble.

Je veux me réveiller dans le parfum de tes cheveux jusqu’à mon dernier souffle.

Je vais mettre de l’alcool sur les plaies de mon âme pour tenter de les cautériser. Je suis fatigué, mes quintes de toux m’épuisent.

C’est une feuille blanche qui recueille ce que j’ai à te dire à ta place. Tu ne recevras pas cette lettre. Ces mots jamais lus pourriront à l’arrière d’une benne à ordures.

Si j’ai raison, tu dois souffrir aussi de mon absence et tu me reviendras.

J’en trouverai de plus beaux que je te dirai quand tu seras là !

La terre s’arrêta de tourner pendant quelques secondes qui s’étirèrent en une éternité.

Leur brouille avait éclaté pour une broutille. Un mec la draguait pendant une soirée, elle lui donna son numéro de téléphone devant Erwan qui péta un plomb.

Le soir où la lettre fut écrite, Nina s’était tapé un type rencontré sur Tinder. Thomas ou Benoît, elle ne savait plus. Elle avait couché sans plaisir pour se convaincre du mensonge de leur séparation.

En partant elle était persuadée de revoir Erwan, pas que ses menaces feraient office d’adieux.

Comment imaginer qu’un minuscule caillot de sang propulsé par les battements de son cœur lui ôterait son dernier souffle.

Un voile de brume se lève sur ses pensées d’où émerge toute une galerie de portraits.

Le visage d’Erwan, celui d’un mec en train de la sauter sans sentiment sur un clic-clac, un beauf avec un poulet sur la tête, le masque de Griezmann, à nouveau le visage souriant de son amoureux qui la regarde de loin en posant son index sur ses lèvres.

Nina comprit à cet instant qu’il ne servait à rien de vouloir tourner une page. Seul le destin possède ce pouvoir. Quant à la porte d’Erwan, elle était bien restait ouverte, mais pour le pire.

Dans l’analyse de ces expressions imagées, se loge une vérité universelle : les gens disent l’inverse de ce qu’ils pensent.

Tourner une page est un acte anodin. La possibilité de retourner en arrière pour une bonne compréhension du récit est constante. Inversement, plus personne ne laisse sa porte ouverte au XXI siècle. Au propre comme au figuré.

Peut-on occulter un chapitre entier du livre de sa vie d’un simple geste mental, ou peut-on demander à quelqu’un qui nous quitte de nous accueillir chez lui ?

Pour ne pas devenir folle, elle se remet à briquer le mobilier. Aux alentours de six heures du matin, elle s’écroule de fatigue. Elle prend un t-shirt de son amant qu’elle colle contre son visage.

Dans le même mouvement, elle s’allonge en position fœtale à l’endroit qu’il occupait au centre du lit. Elle respire profondément pour s’imprégner une dernière fois de sa présence.

Aucun sanglot ne vient troubler ce moment.

Avant de sombrer dans un demi-sommeil agité, Nina se dit : les larmes ne servent à rien, elles s’évaporent dans le temps.

À huit heures du matin, les enceintes du salon qui diffusent « The Only Way » de Tricky, la réveillent. Sa gorge se serre. Elle avait oublié qu’Erwan programmait son ordinateur pour se lever en musique. La sensation qu’il est là en train de préparer le café dans la cuisine lui noue l’estomac. Elle bondit hors du lit et vomit.

Curieuse, elle consulte la date de création de la playlist. Elle remonte à trois jours.

Elle a du mal à quitter les lieux, car elle sait qu’elle n’y reviendra jamais.

En réponse au morceau de son amoureux, elle  ouvre la fenêtre et fume une cigarette en contemplant la ville rendue au calme.

Par réflexe pavlovien, elle consulte son compte Twitter.

Une twitto sous le pseudonyme de @Kateya relatait le harcèlement sexuel dont elle fut victime sur les Champs Élysée après la finale. Devant le nombre de réactions, elle décida de créer l’hashtag #MeToFoot.

Quelques heures après, plus de dix-neuf mille personnes en parlaient sur ce réseau.

Ce n’était que la partie émergée de l’iceberg.

Toutes les nanas n’ont pas Twitter et n’éprouvent pas le besoin de témoigner en public.

Une chose est sûre, elles avaient dû déguster un peu partout dans l’hexagone…

Elle fut écoeurée quand elle apprit qu’à Zagreb 15 % de la population du pays avait fêté leur équipe dans la capitale, sans scène de guérilla urbaine, sans violence. Pareil à Bruxelles.

On est les champions du monde des porcs, se dit-elle.

Nina reste persuadée que les événements ne se conjuguent pas par hasard. Perdre l’homme qui représentait tout pour elle et, le même soir, éprouver un tel dégoût à l’égard de la gent masculine n’avait rien d’anodin.

D’un éclair du pouce et de l’index, elle projette son mégot dans le vide.

Avant de partir, dans l’embrasure de la porte d’entrée, elle balaye du regard la pièce imbibée de souvenirs. Le vécu de leur couple restera en ce lieu gravé dans l’invisible.

En bas du bâtiment, elle gonfle ses poumons d’air frais. Elle a le sentiment de revenir à la vie après avoir passé un long séjour dans une nécropole. Enfantée dans la douleur une nouvelle Nina est née ce 16 juillet 2018. Elle a pris une décision. Elle sait où elle va. La canicule approche, mais c’est le givre qui recouvre son cœur. Ses yeux sont enfin humides, elle sourit.

Nina rentre chez elle, à vingt-cinq minutes de marche… pieds nus.

Parfois, on se sent écrasé entre l’espace-temps qui s’étend à l’infini et la brièveté de notre passage sur terre. La peur de la misère nous pousse à travailler, on s’enchaîne à crédit. L’aiguille d’une montre nous fait courir après l’argent pendant que la routine engloutit notre quotidien.  La majorité d’entre nous se retournera le jour de sa mort sur une destinée qui lui aura échappée, touriste deux mois par an de sa propre existence, chômeur dans son vide intérieur. Les regrets qui restent figés dans le passé engendrent les gens aigris. Nina ne doit pas sombrer dans le cynisme, car aujourd’hui elle commence une nouvelle vie. Elle est encore jeune, elle retrouvera l’amour, elle en est certaine !

Elle non plus n’oubliera jamais ce 15 juillet 2018.

à Kylian Mbappé et sa bande d’abrutis…

 

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